• Anne

  • 28Nov 15

Nicaragua vs Costa Rica : crise cubaine

Le Nicaragua et son implication dans les différentes vagues migratoires que nous voyons depuis plusieurs années est de plus en plus critique. Faisons le point sur la question.

Depuis longtemps déjà, le Costa Rica se situe sur la route migratoire des cubains souhaitant rejoindre les Etats-Unis, pays où ils auront automatiquement des papiers si ils sont arrêtés sur le territoire américain et ce depuis 1966. La loi pieds secs/pieds mouillés signifie que si les cubains sont arrêtés dans les eaux territoriales, ils sont renvoyés chez eux. Sur terre, ils obtiennent leurs papiers. Exception mondiale qui provoque aujourd’hui la crise cubaine comme on la nomme ici.

De nombreux cubains passent par des réseaux mafieux et payent des sommes astronomiques : entre 7500 et 12000 dollars par personne le passage. Mais nombreux sont ceux qui, loin de pouvoir réunir une telle somme, tentent leur chance en se rendant en Équateur, pays où ils n’ont pas besoin de Visa pour entrer, traversent illégalement la Colombie et continuent leur route vers le nord avec en point de mire, Miami.

Le problème vient-il du Nicaragua ?

Non, pas du tout mais il sert de prétexte à se démarquer une nouvelle fois dans la zone. Depuis que le rapprochement diplomatique entre les États-Unis et Cuba s’est amorcé, cette vague migratoire qui était de l’ordre de 7500 cubains par an entrant aux États-Unis est passée à plus de 18000 par crainte de voir la politique migratoire des États-Unis envers Cuba se durcir.

Migrant cubain a Peñas BlancasÀ cela s’ajoute le démantèlement d’un réseau de passeurs par la police costaricienne arrêtant une douzaine de personnes liées à ce trafic humain. Le réseau faisait passer jusqu’à 40 personnes/jour à travers la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua.

En 2011, la police migratoire costaricienne fait état de 50 cubains environ qui franchissaient la frontière, 1600 en 2012, 2300 en 2013, 5400 en 2014 et 12166 entre janvier et septembre 2015.

Tout allait à peu prés bien jusqu’au 15 novembre, date à laquelle le président nicaraguayen, Daniel Ortega, décide de fermer sa frontière avec le Costa Rica aux migrants cubains. Il envoie l’armée et repousse plus de 1000 cubains à coup de gaz lacrymogènes et de coup de matraques.

Très vite, le Costa Rica a du faire face à une crise sans précédent. Le président costaricien, Luis Guillermo Solis a pris des mesures d’urgence pour héberger et nourrir toutes ses familles. Mais les jours passent et les cubains continuent de s’accumuler à la frontière nord du pays. Aujourd’hui, ils sont plus de 4000 à attendre un éventuel droit de passage.

Mardi 24 novembre, les ministres des Affaires étrangères des pays concernés se sont réunis pour trouver un accord. Le Costa Rica a demandé l’ouverture d’un corridor humanitaire, passant par le Nicaragua, mettant en avant que ces citoyens ne présentaient aucun danger pour la région mais que sans solution rapide, on allait déclencher une grave crise humanitaire. Seul le Nicaragua s’est opposé fermement à cette option. La réunion s’est soldée par un échec unilatéral de la part du Nicaragua. En effet, les Ministres des Affaires étrangères de l’Equateur, de la Colombie, du Panama, du Costa Rica, du Salvador, du Honduras, du Guatemala et du Mexique ont tous appelé à un esprit de solidarité mais Ortega semble rester sourd.

Les options de sortie de crise

Les solutions envisagées pour sortir de cette crise ne sont pas très nombreuses.

• La voie maritime : le transit des migrants par ferry pour contourner le Nicaragua jusqu’au Honduras ou au Salvador est une des options mais le coût des opérations se révèle très élevé et les dirigeants souhaiteraient naturellement plus opter pour une solution terrestre.

• La deuxième option serait le retour volontaire des migrants à Cuba. Mais le ministre des Affaires étrangères Cubain a souligné que seuls ceux ayant quitté l’île légalement pourraient y revenir sans problème. À cela, il faut ajouter que la majorité ne souhaitera pas retourner là-bas.

• Enfin, pour rassurer le gouvernement Nicaraguayen, faire appel aux instances internationales pour superviser la traversée du Nicaragua. Mais cette dernière option dépend de M. Ortega.

En attendant, les autres pays de la région mettent en place des mesures et l’Equateur vient de rétablir le visa obligatoire pour les Cubains entrant dans leur pays afin de ne pas accentuer le risque humanitaire et les pays comme la Colombie et le Panama retardent les passages migratoires des cubains afin de ne pas aggraver la situation du Costa Rica. Les diplomates mettent tout en œuvre pour résoudre cette crise diplomatiquement mais je dirai ici tout haut ce qu’eux non pas la possibilité de dire mais qu’ils pensent certainement tout bas : une fois encore le président sandiniste Ortega cherche la bataille, provoque et crée des problèmes là ou il n’y en avait pas.

À vous Señor Ortega, je vous dis apprenez le Pura Vida et tout ira mieux dans le meilleur des mondes. Vous créez la crise, le schisme mais sachez que la région et le monde vous tiendront responsable des conséquences que pourrait avoir votre position radicale et absurde.

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